<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title type="main" level="a">Milieu et peuples. Entre les traités hippocratiques et Aristote</title>
        <author>
          <persName n="1">
            <forename>Catherine</forename>
            <surname>Darbo-Peschanski</surname>
            <placeName type="affiliation">CNRS, French National Centre for Scientific Research, France</placeName>
          </persName>
        </author>
        <respStmt>
          <resp>This is a section of <title>Nazioni come individui</title>(DOI: <idno type="DOI">10.36253/978-88-5518-160-0</idno>) by </resp>
          <name>Michela Nacci</name>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Firenze University Press</publisher>
        <pubPlace>Firenze</pubPlace>
        <date when="2020">2020</date>
        <idno type="DOI">https://doi.org/10.36253/978-88-5518-160-0.02</idno>
        <availability>
          <p>Available for academic research purposes</p>
          <p>Open Access</p>
          <p>Copyright Author(s)</p>
          <licence source="text" target="https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/legalcode">
            <p>Content licence CC BY 4.0</p>
          </licence>
          <licence source="metadata" target="https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/legalcode">
            <p>Metadata licence CC0 1.0</p>
          </licence>
        </availability>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <p>This is original content, published for academic research purposes</p>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <appInfo>
        <application version="2.2" ident="Booksflow">
          <desc>Digital edition XML powered by Booksflow</desc>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <abstract xml:lang="en">
        <p>The article compares some of the so-called Hippocratic treatises and Aristotle’s Physics, Meteorologics, Ethics and Politics, on what would define a human community, if not a nation. It shows a common absence of the notions of climate and environment but a close way of conceiving the physical continuity between the outside world (immediate or more distant) and the inside of living bodies. Then, the external conditions (seasons, temperatures, nature of the soil) similarly determine the complexions and characters of the populations that experience them. Divergences occur due to the determinism of the external conditions on politics. The Hippocratic treaties do not recognise this, unlike Aristotle, except that the Stagirite excludes from this determinism the Greek City and the virtues, including the civic virtue of justice.</p>
      </abstract>
      <textClass>
        <keywords>
          <list>
            <item>Human groups</item>
            <item>Physical continuity</item>
            <item>Determinism of external conditions</item>
            <item>Ethics</item>
            <item>Politics</item>
          </list>
        </keywords>
      </textClass>
    </profileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <p>It is available online at https://doi.org/10.36253/978-88-5518-160-0.02<ref target="https://doi.org/10.36253/978-88-5518-160-0.02" /></p>

<p rend="h1_chapter" ><hi rend="layoutTitleDX" >Milieu et peuples. Entre les traités hippocratiques <lb/>et Aristote</hi></p><p rend="h1_author" ><hi >Catherine Darbo-Peschanski</hi></p><p rend="h1_indexAbstract" ><hi rend="bold CharOverride-1" >sommaire</hi><hi rend="bold CharOverride-2" > </hi><hi rend="CharOverride-3" >:</hi><hi > 1. Climat, milieu, continuité. – 2. Le déterminisme de l’extérieur. – 3. Un déterminisme compliqué.</hi></p><p rend="text" ><hi >Sur quoi les Grecs anciens des Ve et IVe siècles avant notre ère (les auteurs de certains des premiers traités médicaux dits « hippocratiques » et Aristote, pour ceux qui nous occuperons ici)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-036-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-036">1</ref></hi></hi><hi >, s’appuient-ils pour penser les peuples et, de façon plus élémentaire, tout être humain qui forme l’unité de base de ceux-ci? Nous dirons, pour parler très généralement, qu’ils articulent des notions impliquant la cosmologie, l’astronomie et ce qu’ils appelaient l’étude des « </hi><hi >météores » (μετεωρολόγικ</hi><hi >ά</hi><hi >, selon le nom d’un traité d’Aristote), cela pour aboutir à l’éthique et à la politique. </hi></p><p rend="h2" ><hi >1. Climat, milieu, continuité</hi></p><p rend="text" ><hi >Parmi ces notions ne figure pas celle de </hi><hi rend="CharOverride-5" >climat</hi><hi >. Le κλίμαξ désigne alors l’inclinaison du soleil par rapport à l’horizon et dessine ainsi une zone géométrique sans souci, comme le note Jean-François Staszak</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-035-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-035">2</ref></hi></hi><hi >, de l’hétérogénéité de l’espace, non plus que des populations de vivants impliquées (qu’il s’agisse des plantes, des animaux ou des hommes). </hi></p><p rend="text" ><hi >On ne trouve pas non plus celle </hi><hi rend="CharOverride-5" >d’environnement</hi><hi >. On pourrait certes à ce propos invoquer le περίεχον (littéralement : «</hi><hi > ce qui occupe la périphérie »), mais le περίεχον, au sens technique du terme, n’intervient chez Aristote</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-034-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-034">3</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >que dans la définition du lieu (τόπος) d’un objet donné. Or le lieu de quelque chose est constitué par la limite interne du contenant qui est autour</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-033-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-033">4</ref></hi></hi><hi >, le modèle étant le vase qui contient l’eau</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-032-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-032">5</ref></hi></hi><hi >. Limite interne du contenant donc et non pas limite externe de l’objet, ce qui permet à Aristote de dire que le lieu n’est pas la forme de l’objet et de penser aussi que le changement de lieu n’altère pas la substance du dit objet, donc que lieu et objet contenu sont distincts. Les stricts contours de l’objet par ce dans quoi l’objet est placé sont donc en cause quand on parle du περίεχον et nullement l’ensemble de ses conditions extérieures d’existence. Certes, on peut, comme le fait Ben Morison, lire dans </hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique </hi><hi >IV la distinction entre le lieu propre</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-031-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-031">6</ref></hi></hi><hi >, c’est-à-dire le lieu qui n’entoure aucun autre objet que moi (l’air de cette pièce, par exemple), le lieu commun (l’univers où se trouvent tous les autres corps)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-030-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-030">7</ref></hi></hi><hi > et les lieux dérivés (qui ne sont pas les contenants immédiats du corps considéré (les murs de la pièce dans laquelle est l’air qui m’entoure, le bâtiment où se trouve la pièce, la rue du bâtiment, Florence etc.). À la fin des fins, il y a le tout ou le ciel, qui n’est pas dans un lieu parce qu’il n’y a pas de corps pour l’entourer et que le vide n’existe pas pour Aristote</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-029-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-029">8</ref></hi></hi><hi >. Mais, disons-le à nouveau, cet emboîtement, strictement topologique, n’est pas conçu comme un rapport de réciprocité ou d’échange biologique entre l’objet et ses lieux qu’impliquerait l’idée de milieu prise au sens d’environnement. </hi></p><p rend="text" ><hi >La notion de milieu qui pourrait revêtir ce sens-là n’est pas encore forgée. Il faudra attendre la deuxième partie du XVIIIe siècle pour qu’elle apparaisse à l’occasion de son passage du domaine de la mécanique chez Newton (il s’agit alors de rendre compte de l’action à distance d’individus physiques, en se référant à un élément transmetteur : l’éther) à celui de la biologie à partir de Lamark</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-028-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-028">9</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Ni climat, ni environnement donc. Ce qui, en revanche, semble le plus pertinent pour la vie des êtres vivants est la relation entre l’extérieur et l’intérieur de leur corps, très bien attestée par le couple ἔξω/ἔντος et ses multiples variantes. De quoi cet extérieur susceptible d’avoir effet sur l’intérieur du corps vivant est-il donc fait ? </hi></p><p rend="text" ><hi >Si l’on croise les informations que donne Aristote dans </hi><hi rend="CharOverride-5" >Métaphysique </hi><hi >Δ 8 et le traité </hi><hi rend="CharOverride-5" >Du ciel,</hi><hi > il est fait d’une organisation cosmologique dans laquelle l’univers se partage en deux zones, appelées par les commentateurs postérieurs, le supralunaire et le sublunaire. Le premier est un ensemble de sphères, translucides donc invisibles, tournant autour de la terre, elle-même ronde et immobile au centre. La plus éloignée des sphères, qui marque la limite de l’univers et au-delà de laquelle il n’y a rien, ni lieu, comme nous l’avons vu, ni vide, est celle des fixes, par référence aux étoiles fixes qui y sont fichées. Puis viennent les systèmes de sphères motrices de chaque planète qui sont animés du mouvement d’est en ouest de la sphère des fixes mais selon des axes et des vitesses différents</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-027-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-027">10</ref></hi></hi><hi >. La dernière de ces sphères, la plus proche de la terre, est celle de la lune. Cette partie de l’univers dans son ensemble est caractérisée par la régularité de ses mouvements et leur éternité, ainsi que par sa clôture, c’est à dire pour des Grecs anciens, sa perfection (τελειότης). Elle l’est aussi par la continuité, chaque système de sphères planétaires recevant son mouvement du système placé autour de lui et le transmettant au système qu’il entoure lui-même. Au-delà aussi, le ciel supralunaire donne son mouvement au monde sublunaire.</hi></p><p rend="text" ><hi >Tandis que le monde supralunaire est composé d’un seul élément, comme nous l’avons vu, dans le monde sublunaire, les quatre principes (ἀρχαὶ) que sont le chaud, le froid, le sec et l’humide produisent les quatre éléments (στοιχεῖα) : le feu, l’air, l’eau et la terre. Le premier, le feu, occupe la position du haut absolu, la terre du bas absolu, tandis que l’air a pour </hi><hi rend="CharOverride-5" >lieu naturel</hi><hi > d’être plus près du feu et l’eau plus près de la terre. Toujours sous l’action des principes et de leurs contrariétés, les éléments forment la cause matérielle</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-026-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-026">11</ref></hi></hi><hi > de tous les corps de cette partie du monde</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-025-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-025">12</ref></hi></hi><hi >: le feu, l’air, l’eau et la terre, pris alors au sens de corps perceptibles, les plantes, les animaux et la masse de prime abord très hétéroclite</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-024-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-024">13</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >des « météores ». Masse de phénomènes apparemment hétéroclites certes mais qui, aux yeux d’Aristote, échappe à la contingence pure parce que les météores apparaissent comme effets d’exhalaisons sèches ou humides dues elles-mêmes à l’action du soleil (le feu réalisé en corps perceptible) sur l’air réalisé en atmosphère et la terre réalisée en sol et en sous-sol. </hi></p><p rend="text" ><hi >Outre le fait que, dans la partie sublunaire, c’est-à-dire notre monde, la régularité du monde supralunaire cède la place au règne de ce qui se produit la plupart du temps (ὡς ἐπὶ τὸ πόλυ), ce que je voudrais tout particulièrement souligner ici est </hi><hi rend="CharOverride-5" >la communauté de nature</hi><hi > qui unit tout ce qui constitue le monde sublunaire, de telle sorte qu’elle met les êtres vivants </hi><hi rend="CharOverride-5" >en continuité</hi><hi > avec ce qui leur est extérieur, excède les limites de leur corps et implique avec lui des relations de similitude ou de contrariété. Seulement, les limites de cet environnement ne sont guère fixées par l’analyse de la nature que mène Aristote mais, comme nous le verrons, impliquent, pour ce faire, le recours aux limites des communautés politiques, qu’elles soient peuples (ἔθνη) ou cités (πόλεις).</hi></p><p rend="text" ><hi >Dans les traités dits hippocratiques, une homologie de nature est également postulée entre la composition du monde extérieur et celle intrinsèque aux vivants qui l’habitent. Je me contenterai rapidement de deux exemples pris parmi les traités les plus anciens du Corpus hippocratique. Le plus parlant en la matière est le traité </hi><hi rend="CharOverride-5" >Nature de l’homme</hi><hi > 3</hi><hi rend="CharOverride-5" >. </hi><hi >Selon le médecin, auteur du traité, les monistes qui soutiennent que la nature de l’homme ressortit d’un seul des quatre corps (feu, air eau ou terre) ont tort. Notons incidemment qu’il parle alors de corps perceptibles car il refuse de se situer au niveau d’une métaphysique des éléments, laquelle ne relève à ses yeux que d’un postulat physico-matériel sans appui dans l’expérience. L’auteur du traité </hi><hi rend="CharOverride-5" >Ancienne Médecine</hi><hi > emploie, quant à lui, le mot d’« hypothèse » pour désigner un tel postulat</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-023-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-023">14</ref></hi></hi><hi >. De fait, pour le médecin, l’homme serait composé de tous ces corps à la fois, lesquels semblent bien dotés des quatre qualités sensibles que sont le chaud, le froid, le sec et l’humide. Ces qualités viennent-elles à disparaître des composantes du corps et à rejoindre le monde extérieur qu’elles habitent aussi, le corps se défait alors dans ce qui l’entoure</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-022-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-022">15</ref></hi></hi><hi >. </hi></p><p rend="text" ><hi >Mais la continuité entre l’extérieur et l’intérieur qui découle de l’homologie de leur composition physique, apparaît surtout biologiquement dans le processus de nutrition. C’est grâce aux aliments et boissons ingérés (donc venus de l’extérieur), nous dit en effet le traité de l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >Ancienne médecine, </hi><hi >que les médecins ont pu apprendre quelles sont les composantes intrinsèques de l’homme, selon que le nutriment était bien accepté, et donc trouvait à l’intérieur ce dont il était composé lui-même, ou qu’il provoquait des douleurs, dans le cas contraire</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-021-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-021">16</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Mise à part la conviction qu’il y a une nature commune au monde et à tout ce qui l’habite, les Hippocratiques et Aristote, pour ne parler que d’eux en l’occurrence, en partagent une autre : celle qui veut que, dans le monde sublunaire lui-même, seule une partie soit habitée parce qu’habitable : l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >oikoumène. </hi><hi >Pour en tracer les contours, à partir du Ve siècle avant notre ère, les constructions géométriques, qui seules semblaient valoir au VIe siècle dans la carte d’Anaximandre</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-020-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-020">17</ref></hi></hi><hi >, le disputent désormais aux observations ou aux récits recueillis par les voyageurs. C’est une synthèse de ces deux sources de définition que tente Aristote au livre II, chapitre 5 des </hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-019-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-019">18</ref></hi></hi><hi >:la terre habitée a </hi><hi rend="CharOverride-5" >grosso modo</hi><hi > la forme d’un tambourin étiré vers ce que nous appellerions l’est et l’ouest et limitée par deux déserts : au nord par une zone froide et humide d’où viennent des vents froids et au sud, au-delà du tropique nord, par une zone chaude et sèche d’où viennent des vents chauds. L’est et l’ouest étant, du point de vue des températures, plutôt assimilées, qui au sud de la terre habitée, qui au nord. Par projection symétrique, il est possible de postuler l’existence d’une terre habitée entre le tropique sud et le cercle antarctique, mais elle ne retient guère l’attention</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-018-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-018">19</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Les traités hippocratiques les plus anciens, dont </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, sans s’y attacher explicitement</hi><hi >, partagent cependant l’idée que la terre habitée s’étend dans les limites décrites avec plus de précision ultérieurement par Aristote</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-017-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-017">20</ref></hi></hi><hi >. Pour le Stagirite, les Scythes et les populations du Palus Méotide (notre mer d’Azov) occupent la frange extrême de la zone froide septentrionale de l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >oikoumène</hi><hi > au-delà de laquelle la vie n’est plus possible ; les Celtes celle de la zone froide occidentale ; la Libye, l’Éthiopie et l’Égypte, celle des zones chaudes, l’Inde, la zone chaude orientale. Dans la zone la plus tempérée de l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >oikoumène, </hi><hi >elle-même déjà donnée dans sa totalité comme une zone tempérée, vivent les Grecs.</hi></p><p rend="h2" ><hi >2. Le déterminisme de l’extérieur</hi></p><p rend="text" ><hi >C’est donc dans ce cadre physique que les populations sont censées être placées chez les auteurs que nous étudions. Chez les Hippocratiques, l’homologie physique entre l’extérieur et l’intérieur du corps humain fonde les principes d’un déterminisme biologique radical de l’un sur l’autre, via les données météorologiques. </hi></p><p rend="text" ><hi >Au début du traité</hi><hi rend="CharOverride-5" > Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, le médecin énumère en effet les causes des types de maladies sévissant dans une région et de l’état naturel des cavités internes (ἡ φύσις τῶν κοιλιῶν)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-016-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-016">21</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >du corps</hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >des habitants, entendons : la cavité thoracique, appelée ailleurs cavité du haut et la cavité abdominale, appelée, comme attendu, cavité du bas. Ces causes seront</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-015-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-015">22</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >:</hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >les saisons (lesquelles sont en relation avec les levers et les couchers des astres), et leurs changements (μεταβολαί) ; les vents chauds et les vents froids ; la qualité des eaux (marécageuses et molles ou issues de régions élevées et dures ou encore salées et crues) ; le sol (dénudé et sans eau ou couvert de végétation et gorgé d’eau ; formant une cavité étouffante ou en altitude et froid), le régime et l’exercice que pratiquent les habitants. Le jeu de ces diverses causes externes, outre des types précis de maladies qu’il provoque, a des effets </hi><hi rend="CharOverride-5" >nécessaires</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-014-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-014">23</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >sur les humeurs internes du corps (phelgme, bile), sa morphologie (τὰ εἴδεα), sa tension, sa sécheresse, sa dureté ou sa mollesse, et sur le caractère (τὰ ἤθεα) des populations. Ainsi, par exemple, dans son</hi><hi > chapitre IV, le traité </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux, des lieux</hi><hi > déploie tout un échange de qualités entre la température des vents et les eaux absorbées d’une part, l’état des cavités du corps et les traits de caractère des habitants, d’autre part : froid des vents, dureté et crudité des eaux, sécheresse et propension aux ruptures des corps, sauvagerie des caractères.</hi></p><p rend="text" ><hi >Aristote peut partager la thèse d’un tel déterminisme, dans ses traités biologiques, mais aussi par touches plus discrètes, dans l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >Éthique à Nicomaque </hi><hi >et </hi><hi rend="CharOverride-5" >Les Politiques. </hi><hi >Ainsi dans </hi><hi rend="CharOverride-5" >Génération des Animaux</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-013-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-013">24</ref></hi></hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-6" > </hi><hi >à propos de l’incapacité des ânes – animaux froids et dont le sperme est froid lui aussi – de se reproduire dans les régions froides également que sont la Scythie et la zone voisine ou le pays des Celtes au-delà de l’Ibérie, parce que leur nature, faute d’avoir la qualité contraire que serait la chaleur, ne leur permet pas de supporter de telles températures. Quant aux Celtes, ils entrent dans la catégorie des peuples qui, dans les </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-012-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-012">25</ref></hi></hi><hi >, parce qu’ils vivent dans des régions froides d’Europe, sont pleins d’ardeur (θυμός) mais plutôt en mal d’intelligence (διάνοια) et d’art (τέχνη). Dans l’</hi><hi rend="CharOverride-5" >Éthique à Nicomaque</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-011-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-011">26</ref></hi></hi><hi rend="CharOverride-5" >,</hi><hi > plus précisément dans le cadre de l’analyse de la vertu du courage, ils se situent du côté de l’excès, au point de toucher à la démence, faute de savoir redouter le redoutable comme les tremblements de terre ou le déchaînement des flots. Inversement, comme le veut l’organisation contrastée de la terre habitée, en Asie où règne la chaleur, les peuples ont l’âme à la fois plus intelligente et plus artiste (διανοητικὰ μὲν καὶ τεχνικὰ τὴν ψυχὴν) mais sans courage (ἄθυμια δέ</hi><hi >)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-010-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-010">27</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="h2" ><hi >3. Un déterminisme compliqué</hi></p><p rend="text" ><hi >Toutefois le déterminisme perd de sa simplicité quand il s’agit de l’étendre, au-delà des traits de caractères, à l’organisation politique des populations. </hi></p><p rend="text" ><hi >A) </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux, des lieux</hi></p><p rend="text" ><hi >Ainsi, la belle clarté qui, dans le traité hippocratique </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux, des lieux</hi><hi >, mène nécessairement des quatre causes principales tenant à la région habitée à une série d’effets sur leurs habitants, dont l’un est de façonner leur caractère, se brouille soudain dès lors qu’il s’agit d’envisager les régimes politiques que ces groupes humains se donnent. </hi></p><p rend="text" ><hi >À partir du chapitre 12, en effet, lorsque le médecin décide de passer à l’étude de l’Asie et de l’Europe, ce sont bien les saisons et plus particulièrement les changements qui accompagnent leur succession (μεταβολαί), entendons leurs contrastes plus ou moins marqués, qui constituent la cause première. D’eux découlent les différences qui distinguent plus ou moins, les plantes, le bétail et les hommes. Notons, pour être précis, que, s’agissant de la région qui s’étend entre l’Asie et l’Europe (« à la droite des levers d’été du soleil jusqu’au Palus-Méotide </hi><hi rend="CharOverride-5" >i.e.</hi><hi > la mer d’Azov »), les distinctions viennent aussi des χώραι (entendons tout à la fois : reliefs, sols et végétation)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-009-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-009">28</ref></hi></hi><hi >. Pour en rester aux contrastes saisonniers, logiquement, en Asie, zone chaude, et plus spécialement dans la partie médiane de celle-ci, où de tels contrastes sont peu marqués, il règne une homogénéité plus grande entre les êtres vivants de chaque espèce, contrairement à ce qui se produit en Europe et symétriquement à ce qui se passe en Scythie. Chez les Scythes en effet le manque de différences à l’intérieur des espèces du vivant est dû à la prédominance du froid, là où, au milieu de l’Asie, il l’est à la chaleur. </hi></p><p rend="text" ><hi >Chez les hommes, les effets de telles causes se manifestent dans leur constitution (εἶδος, μορφή) : ils sont grands et bien en chair, beaux et assez peu différents les uns des autres, en Asie médiane ; épais, jaunes de teint, hydropiques dans la zone marécageuse du Phase (l’actuel Rioni qui se jette dans la Mer noire) ; épais, charnus, dépourvus d’articulations visibles, humides, relâchés et assez peu différents les uns des autres également, en Scythie. </hi></p><p rend="text" ><hi >Les effets se traduisent aussi en des traits de caractères (τὰ ἤθεα), voire en des qualités d’entendement (γνώμη) : en Asie, les hommes sont plus doux (ἠπιώτερα), plus faciles (εὐοργητότερα), plus enclins au plaisir (ἀνάγκη τὴν ἡδονὴν κρατεῖν) qu’en Europe, mais le courage (τὸ ἀνδρεῖον) ne peut advenir chez de telles populations, ni l’endurance (</hi><hi >τὸ ταλαίπωρον) ni le goût de l’effort (τὸ ἔμπονον) ni l’ardeur (τὸ θυμοειδές).</hi></p><p rend="text" ><hi >On s’attendrait alors à ce que le régime politique dans lequel vivent ces populations soit lui aussi un effet des causes saisonnières, au même titre que leur morphologie, leur caractère ou leur jugement. Mais il n’en est rien. Au moment d’aborder la question, l’auteur du traité choisit au contraire d’un faire une nouvelle cause du caractère des populations : « C’est pour ces raisons-là (</hi><hi rend="CharOverride-5" >l’absence de contraste entre les saisons</hi><hi >) que le peuple asiatique est dépourvu de combativité ; et </hi><hi rend="CharOverride-5" >c’est en outre à cause des lois</hi><hi > </hi><hi rend="CharOverride-5" >»</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-008-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-008">29</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Et le médecin d’expliquer que là où les hommes n’ont pas de pouvoir sur eux-mêmes et ne sont pas autonomes mais soumis à un maître, ils se battent et risquent leurs vies sous la contrainte et dans l’intérêt de ce maître, ce qui ne développe ni leur courage ni à l’ardeur.</hi></p><p rend="text" ><hi >Le traité hippocratique hésite donc entre deux logiques d’explication du caractère des peuples : l’une purement naturelle, c’est-à-dire dans laquelle joue la causalité de la φύσις extérieure, et l’autre, politique, où le type de régime considéré modèle le caractère des populations qu’il régit. Il y aurait donc une sorte d’autonomie causale du politique dans les effets éthiques. Mais le traité s’arrête net avant d’avoir abordé pleinement le développement sur l’Europe et notamment sur la Grèce et les cités. On ne saura pas comment l’auteur aurait alors articulé les deux plans ou même s’il l’aurait fait. </hi></p><p rend="text" ><hi >B) Aristote, pour sa part, semble avoir relevé le défi de cette aporie ou de cet inachèvement.</hi></p><p rend="text" ><hi >Il souscrit à l’existence d’un lien causal naturel entre les conditions offertes par l’extérieur et les traits de caractère des populations, comme nous l’avons vu précédemment. Il introduit toutefois deux nouveautés par rapport au traité hippocratique </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux, des lieux.</hi></p><p rend="text" ><hi >En premier lieu, aux populations de l’Europe froide (Scythes, Celtes et autres Ibères) et à celles de l’Asie, il ajoute celle des Hellènes</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-007-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-007">30</ref></hi></hi><hi >. Celle-ci vit dans la région intermédiaire entre celles qu’occupent les deux autres groupes (μεσεύει κατὰ τοὺς τόπους) et, à ce titre, elle participe des traits de caractères des deux (μετέχει </hi><hi >ἀμφοῖν) : elle est pleine de courage (ἔνθυμον) comme les premières, et intelligente (διανοητικόν) comme les secondes. </hi></p><p rend="text" ><hi >Mais la seconde grande nouveauté est qu’Aristote inscrit aussi dans le déterminisme naturel le type d’organisation politique auquel les unes et les autres accèdent. De fait, les traits de caractère des populations sont </hi><hi rend="CharOverride-5" >cause </hi><hi >de leur accession plus ou moins forte à la liberté, de leur capacité ou leur incapacité à gouverner (ἄρχειν)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-006-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-006">31</ref></hi></hi><hi > leurs voisins et, conséquence suprême, de s’organiser ou pas en cités, ce qui fonde la grande distinction politique entre les cités (πόλεις) et les peuplades (ἔθνη</hi><hi >). Ainsi, que les populations du nord soient « plutôt dépourvues d’intelligence et d’habileté » </hi><hi rend="CharOverride-5" >explique</hi><hi > (διόπερ : c’est pourquoi) qu’elles vivent plutôt libres (ἐλεύθερα μὲν διατελεῖ μᾶλλον) mais ne connaissent pas la cité (ἀπολίτευτα) et sont incapables de commander à leurs voisins. Que les populations asiatiques aient une âme intelligente et habile, mais dépourvue de courage </hi><hi rend="CharOverride-5" >explique</hi><hi > encore pourquoi (διόπερ</hi><hi >) elles demeurent dans la soumission (ἀρχόμενα διατελεῖ)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-005-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-005">32</ref></hi></hi><hi > et l’esclavage (καὶ δουλεύοντα). Mais que les Grecs, de par leur position médiane sur la terre habitée, soient à la fois courageux et intelligents, </hi><hi rend="CharOverride-5" >fait que</hi><hi > (διόπερ, à nouveau) ils mènent une vie libre (ἐλευθερόν τε διατελεῖ), sous les meilleures institutions politiques (καὶ βέλτιστα πολιτευόμενον) et sont capables de commander à tous les peuples, pour peu qu’ils arrivent à une organisation politique unique (</hi><hi >μιᾶς τυγχάνον πολιτείας)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-004-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-004">33</ref></hi></hi><hi >. </hi></p><p rend="text" ><hi >Toutefois au sein de ce déterminisme naturel en quelque sorte général puisqu’il commande à tous les peuples et permet de faire le départ entre le peuple « civique » des Grecs et les peuplades, Aristote met en place un mouvement téléologique naturel, de portée spécifique puisque propre aux Grecs eux-mêmes, qui conduit à la cité. Celle-ci est la fin en même temps que nature réalisée impliquant les diverses cellules naturelles que sont les deux couples mari/femme et maître/esclave, et les communautés des villages. </hi></p><p rend="text" ><hi >Or cette réalisation n’a rien d’absolument nécessaire. Elle est soumise à des conditions qui, outre celle d’avoir une organisation politique unique, sont principalement : le nombre des citoyens, la grandeur du territoire et l’autonomie économique</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-003-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-003">34</ref></hi></hi><hi >. </hi></p><p rend="text" ><hi >Le déterminisme naturel de l’extérieur, lui-même, demande à être nuancé. Il ne s’arrête pas, en effet, aux limites du groupe des Grecs, puisque ce groupe se diversifie en quelque sorte selon ses dispositions plus ou moins grandes à mêler les traits de caractère des peuplades au contact desquelles les met sa position médiane sur la terre habitée.</hi></p><p rend="quotation_a" ><hi >On trouve aussi la même distinction (celle qu’on a tracée entre les Grecs et les non-Grecs) entre les peuples grecs eux-mêmes. Les uns en effet ont une nature unilatérale (μονόκωλον) alors que d’autres mélangent avec bonheur (εὖ κέκραται) ces deux capacités (courage et intelligence cf. Pol VII 7, 1327 b21)). Il est donc manifeste que ce sont ceux qui sont à la fois intelligents et courageux par nature qui pourront se laisser conduire à la vertu (πρὸς τὴν ἀρετήν)</hi><hi rend="notes_number CharOverride-7" ><hi xml:id="footnote-002-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-002">35</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Certains Grecs seront donc plutôt portés à l’ardeur et au courage. On peut penser aux Crétois et aux Spartiates. D’autres, comme les habitants d’Asie mineure, par exemple, se rapprocheront davantage de l’intelligence et de la mollesse. On peut donc penser que l’heureux mélange trouve plutôt sa place, dans une sorte de milieu du milieu : en Attique. </hi></p><p rend="text" ><hi >Mais le passage que nous venons de citer ouvre sur une autre manière d’intensifier la valeur du milieu que comme zone intermédiaire tempérée et lieu de l’heureux mélange des meilleures qualités du caractère. Il s’agit alors de faire intervenir la vertu. Une cité grecque sera d’autant meilleure que ces citoyens pourront accéder au milieu entre le pôle de l’excès et celui du défaut qu’est la vertu</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-001-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-001">36</ref></hi></hi><hi >, la vertu civique par excellence, celle à laquelle il convient de se laisser conduire par le bon législateur, étant la justice</hi><hi rend="notes_number CharOverride-4" ><hi xml:id="footnote-000-backlink"><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-000">37</ref></hi></hi><hi >.</hi></p><p rend="text" ><hi >Ainsi, par le jeu de focalisations de plus en plus précises Aristote parvient à fonder la naturalité de la Grèce des cités et de ses aptitudes à la vertu.</hi></p><p rend="text" ><hi >Au terme du parcours, on peut saisir l’énorme architecture entremêlant cosmologie, physique, biologie, politique et éthique dans laquelle se loge, d’après deux autorités de la pensée grecque ancienne, les médecins hippocratiques et Aristote, l’idée, sinon de nation, du moins de groupes humains politiquement organisés. Est apparue en outre la force idéologique des notions de milieu, de médiété, et de mélange pour déterminer la place des peuples, les hiérarchiser, et asseoir l’excellence des Grecs.</hi></p><p rend="h2" ><hi >Bibliographie</hi></p><p rend="h3 ParaOverride-1" ><hi >Textes</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >De la génération des animaux</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >Texte établi et traduit Par P. Louis, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1961.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >De la generation et la corruption, </hi><hi >texte établi et traduit par M. Rached, Les Belles Lettres, CUF, Paris 2005.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristotle, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Physics,</hi><hi > a revised text with introduction and commentary by W. D.</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >Ross, Clarendon Press, Oxford (1936 [1998]).</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >La</hi><hi > </hi><hi rend="CharOverride-5" >physique</hi><hi >, introduction de L. Couloubaritsis, traduction A. Stevens, Vrin, 2</hi><hi rend="CharOverride-8" >ème</hi><hi > édition corrigée, Paris 2008. </hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristotele </hi><hi rend="CharOverride-5" >Fisica</hi><hi >, a cura di R. Radice, Bompiani, Milano 2011.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques, </hi><hi >texte établi et traduit par P. Louis, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1982.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >texte A. Dreizehnter, Wilhelm Fink Verlag, Münich 1970; traduction, introduction, bibliographie, notes P. Pellegrin (nouvelle édition), GF-Flammarion, Paris </hi><hi >2015.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristotele. Opere 8. </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politica</hi><hi >, trad. R. Laurenti, Laterza, Roma-Bari 2019.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristotelis, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Ethica Nicomachea, </hi><hi >Recognovit brevique adnotatione critica instruxit I. Bywater, OUP, Oxford 1894.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Nicomachean Ethics, </hi><hi >Translation, introduction and commentary, S. Broadie, C. Rowe, OUP, Oxford 2002.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Éthique à Nicomaque</hi><hi >, traduction et présentation par R. Bodeus, GF-Flammarion, Paris 2004.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Aristotele, Opere 6. </hi><hi rend="CharOverride-5" >Etica Nicomachea</hi><hi >, trad. C. Natali, Laterza, Roma-Bari 2019.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrate, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Ancienne Médecine</hi><hi >, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrate Tome II Ière partie</hi><hi >, texte établi et traduit par J. Jouanna, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1990.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrates, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Ancient Medicine</hi><hi >, in </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrates Volume I</hi><hi >, Translated by W.H.S. Jones, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1923.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrates,</hi><hi rend="CharOverride-5" > Airs, Waters, Places, </hi><hi >in </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrate Vol. 1, </hi><hi >transl.</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >W. H. S. Jones, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1923</hi><hi >.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrate, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux, </hi><hi >trad. et présentation de J. Jouanna et C. Magdelaine, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrate et l’Art de la médecine</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >GF-Flammarion, Paris 1999.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrate, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des lieux dans l’homme</hi><hi >, in </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrate Tome XIII</hi><hi >, texte établi et traduit par R. Joly, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1978.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrates, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Places in Man </hi><hi >in </hi><hi rend="CharOverride-5" >Hippocrates Volume VIII, </hi><hi >Edited and translated by P. Potter, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1995.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Hippocrate, </hi><hi rend="CharOverride-5" >La nature de l’homme,</hi><hi > édité, traduit et commenté par J. Jouanna, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Corpus Medicorum Graecorum- CMG</hi><hi > </hi><hi rend="CharOverride-5" >I 1, 3</hi><hi >, deuxième édition augmentée et corrigée, AKademie Verlag, Berlin 2002.</hi></p><p rend="h3" ><hi >Études</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Canguilhem </hi><hi >G., </hi><hi rend="CharOverride-5" >La connaissance de la vie</hi><hi > (1965), Vrin, Paris 2015.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Jacob C., </hi><hi rend="CharOverride-5" >L’empire des cartes</hi><hi >, Albin Michel, Paris 1992.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Morison B., </hi><hi rend="CharOverride-5" >On Location: Aristotle’s Concept of Place</hi><hi >, Clarendon Press</hi><hi >, Oxford 2002.</hi></p><p rend="bib_indx_bib" ><hi >Staszak J.-F., </hi><hi rend="CharOverride-5" >La géographie d’avant la géographie. Le climat chez Aristote et Hippocrate</hi><hi >, L’Harmattan, Paris 1995.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-036-backlink">1</ref></hi><hi >	Le choix n’a rien d’arbitraire, car, s’agissant de la question traitée ici, nous constaterons une grande continuité entre les médecins hippocratiques et Aristote.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-035-backlink">2</ref></hi><hi >	Voir J.-F. Staszak, </hi><hi rend="CharOverride-5" >La géographie d’avant la géographie. Le climat chez Aristote et Hippocrate</hi><hi >, L’Harmattan</hi><hi >, Paris 1995, 62-63.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-034-backlink">3</ref></hi><hi >	Cf. B. Morison, </hi><hi rend="CharOverride-5" >On Location: Aristotle’s Concept of Place</hi><hi >, Clarendon Press, Oxford 2002, chapitres 2 et 5 pour l’analyse minutieuse de </hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >, IV, 1-5. </hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-033-backlink">4</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >IV, 212 a 20: «La première limite immobile du contenant, voilà ce qu’est le lieu (τὸ τοῦ περιέχοντος πέρας, τοῦτ᾽ ἔστιν ὁ τόπος) » (ed. Ross ; trad. Stevens).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-032-backlink">5</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >, IV, 208 b 1-8.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-031-backlink">6</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >IV, 209 a 33 (ὁ δ᾽ ἴδιος τόπος) ; 209 a 35 b 1 (τῷ δέ τῷ τόπῷ ὃς περιέχει οὐδὲν πλέον ἢ σέ).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-030-backlink">7</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >IV, 209 a 35-b 1: « Puisqu’une chose se dit, d’une part, selon elle-même, d’autre part selon autre chose, le lieu aussi se dit, d’une part, commun (celui dans lequel se trouvent tous les corps), d’autre part, particulier (celui dans lequel ils se trouvent en premier). Je dis, par exemple, que toi, maintenant tu es dans l’univers parce que tu es dans l’air et que l’air et dans l’univers, et dans l’air, parce que tu es dans la terre, et de même dans la terre, parce que tu es en ce lieu – ci qui ne contient pas plus que toi. » (trad. Stevens).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-029-backlink">8</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Physique</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >IV, 4, 212 b 14-17 : « Mais le tout n’est pas quelque part, car ce qui est quelque part est lui-même quelque chose et il faut qu’il y ait en outre quelque chose à côté de lui où se trouve ce qui le contient ; or à côté du tout et de la totalité, il n’est rien en dehors du tout. » <lb/>(trad. Stevens).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-028-backlink">9</ref></hi><hi >	Cf. G. Canguilhem, </hi><hi rend="CharOverride-5" >La connaissance de la vie</hi><hi > (1965), Vrin, Paris 2015, 165-197. L’auteur s’attache à montrer ce que tout au long de son parcours dans l’histoire de la biologie, la notion doit toujours quelque chose à son origine dans la mécanique.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-027-backlink">10</ref></hi><hi >	Le nombre des sphères s’élève à 56, y compris la sphère des fixes.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-026-backlink">11</ref></hi><hi >	Voir </hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques </hi><hi >I 2, 339 a 27-32. La cause motrice étant « l’impulsion donnée par les corps qui se meuvent éternellement » (ed et trad.</hi><hi > Louis).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-025-backlink">12</ref></hi><hi >	On se réfèrera ici au passage des </hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques</hi><hi > qu’on appelle le programme de recherche d’Aristote, programme qui met dans une stricte continuité, après la physique consacrée au mouvement, au lieu et aux causes, le </hi><hi rend="CharOverride-5" >De Caelo </hi><hi >occupé surtout au monde supralunaire, le</hi><hi rend="CharOverride-5" > De Generatione et corruptione</hi><hi >, les</hi><hi rend="CharOverride-5" > Météorologiques</hi><hi > et les </hi><hi rend="CharOverride-5" >Parties des animaux </hi><hi >ainsi que tous les autres traités biologiques</hi><hi rend="CharOverride-5" >. </hi><hi >Cf. </hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >338 a 20-b1-2 et 339 a6-10: « Nous avons traité précédemment des causes premières de la nature (dans la</hi><hi rend="CharOverride-5" > Physique</hi><hi >), de tout ce qui concerne le mouvement naturel (dans</hi><hi rend="CharOverride-5" > Physique </hi><hi >III et V-VIII), de la translation ordonnée des astres dans la région supérieure (</hi><hi rend="CharOverride-5" >De Caelo</hi><hi > I et II), des éléments corporels, de leur nombre et de leurs qualités, de leurs transformations réciproques et enfin de la génération et de la corruption considérées sous leur aspect général (</hi><hi rend="CharOverride-5" >De Caelo</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >III et IV, </hi><hi rend="CharOverride-5" >De Generatione et corruptione</hi><hi >). Dans ce programme de recherches, il reste à examiner ce qui, chez tous nos prédécesseurs, porte le nom de météorologie. […] Une fois ces sujets étudiés (</hi><hi rend="CharOverride-5" >les météores</hi><hi >), nous aurons à voir si nous pouvons utiliser la même méthode pour rendre compte des animaux et des plantes considérés en général et en particulier » (trad. P. Louis).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-024-backlink">13</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques,</hi><hi > I 1, 338 b 20-339 a 5: « Il s’agit d’abord de tout ce qui, bien qu’intervenant selon la nature (ὅσα συμβαίνει κατὰ φύσιν μὲν), obéit cependant à un ordre moins strict (ἀτακτοτέραν μέντοι) que celui du premier des éléments des corps (sc. l’éther, le 5</hi><hi rend="CharOverride-9" >ème</hi><hi > élément, dont sont composés les corps célestes) et qui se produisent dans le lieu le plus proche de la révolution des astres (περὶ τὸν γειτνιῶντα μάλιστα τόπον τῇ φορᾷ τῶν ἄστρων) . Ce sont, par exemple, la voie lactée (περὶ γάλακτος), les comètes ou l’embrasement et le mouvement des météores lumineux, tous ce que nous pouvons considérer comme des affections (πάθη) communes (κοινά) de l’air et de l’eau : par ailleurs, ce sont encore toutes celles de la terre, de ses espèces, de ses parties et des affections de ces parties. À partir de là nous aurons la possibilité d’examiner les causes des vents et des tremblements de terre, ainsi que l’ensemble de ce qui se produit selon leurs mouvements […]. Il s’agit enfin des coups de tonnerre, des typhons, des tourbillons de feu et parmi les phénomènes cycliques, de toutes les autres affections de ces mêmes éléments qui interviennent par solidification » (trad. Louis légèrement modifiée). Le traité hippocratique </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux </hi><hi >semble même ajouter à cela les minerais souterrains.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-023-backlink">14</ref></hi><hi >	</hi><hi >Voir l’analyse de M. </hi><hi rend="CharOverride-1" >R</hi><hi >ached</hi><hi rend="CharOverride-1" > (</hi><hi >Aristote, </hi><hi rend="CharOverride-5" >De la generation et la corruption, </hi><hi >texte établi et traduit par M. Rached, Les Belles Lettres, CUF, Paris 2005, XVII-XXX) qui, sur ce point, met Aristote dans le prolongement des hippocratiques et à distance de Platon.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-022-backlink">15</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Nature de l’homme</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >3, 1-25 : « Tout d’abord, il est nécessaire, pour qu’il y ait génération, de ne pas partir de quelque chose d’unique (ἀπὸ ἑνός τι). Comment en effet quelque chose d’unique pourrait-il engendrer s’il n’était mêlé à quelque chose ? Ensuite, si ce ne sont pas des choses de même type (ὁμόφυλα) ni dotées du même pouvoir (τὴν αὐτὴν ἔχοντα δύναμιν) qui se mêlent, elles n’engendrent pas et ne sauraient ensemble aller jusqu’au bout de la production. Et encore, si entre le chaud et le froid, entre le sec et l’humide, il n’existe pas une juste proportion et un équilibre ; si, au contraire, la prédominance d’une qualité sur l’autre, c’est-à-dire du plus fort sur le plus faible, est nette, la génération ne saurait survenir. De la sorte, comment est-il pensable que la génération se produise à partir de quelque chose d’unique (ἀπὸ ἑνός τι) dès lors qu’elle ne se produit même pas à partir de plusieurs choses, si elles ne se trouve pas participer mutuellement d’un bon mélange. Il est donc nécessaire, puisque telle est la nature de tous les autres êtres et des hommes, que l’homme ne soit pas d’un seul composant, mais que chacun des composants contribuant à la génération ait, dans le corps, le pouvoir qu’il a apporté en contribution. Et nécessairement aussi, chaque composant retourne à sa nature propre, lorsque finit le corps de l’homme : l’humide vers l’humide, le sec vers le sec, le chaud vers le chaud et le froid vers le froid. Telle est aussi la nature des êtres vivants (τῶν ζῴων), de tout ce qui existe en général. Tout commence semblablement, tout s’achève semblablement ». (trad. Jouanna</hi><hi rend="CharOverride-5" >.</hi><hi > légèrement modifiée).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-021-backlink">16</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Ancienne médecine</hi><hi >, XIV, 3-4.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-020-backlink">17</ref></hi><hi >	Voir C. Jacob, </hi><hi rend="CharOverride-5" >L’empire des cartes</hi><hi >, Albin Michel, Paris 1992, 174.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-019-backlink">18</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >II 5, 362 b 13-30 : « Il est ridicule de tracer la carte de la terre comme on le fait de nos jours. On dessine en effet la terre habitée comme un cercle, ce qui est impossible aussi bien d’après les faits que d’après le raisonnement. Car la raison montre que la partie habitée est limitée en largeur alors qu’elle s’étend tout autour de la terre grâce au climat tempéré qui y règne (en effet, la chaleur et le froid ne sont pas excessifs dans le sens de la longueur, mais le sont dans celui de la largeur, en sorte que, si l’étendue de la mer n’y fait nulle part obstacle, on peut faire le tour de la terre entière), et c’est ce que montrent les faits à l’occasion de voyages par la mer et par la terre: la zone habitée est beaucoup plus longue que large. En effet, la ligne qui va des colonnes d’Hercule à l’Inde est plus longue dans le rapport de cinq à trois que celle qui s’étend de l’Éthiopie au Palus Méotide et aux régions extrêmes de la Scythie, si l’on fait le compte des voyages tant maritimes que terrestres, dans la mesure où les distances qu’on indique peuvent être considérées comme exactes. Cependant, nous connaissons en latitude la terre habitée jusqu’aux limites où elle cesse de l’être. D’un côté, il n’y a plus d’habitants à cause du froid, de l’autre, en raison de la chaleur. Quant aux zones au-delà de l’Inde et en dehors des Colonnes d’Hercule, elles ne semblent pas, à cause de la mer, se rejoindre de façon à former, par une suite continue, un ensemble de terres habitées. » <lb/>(trad. P. Louis, CUF).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-018-backlink">19</ref></hi><hi >	Voir Staszak, </hi><hi rend="CharOverride-5" >La géographie d’avant la géographie. Le climat chez Aristote et Hippocrate</hi><hi >.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-017-backlink">20</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Météorologiques</hi><hi >, II 5, 362 b; II 6, 364 a 23, pour les vents.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-016-backlink">21</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux, </hi><hi >II, 1-6. J’adopte ici la leçon de Jouanna, (1999, 116 et 271), appuyée sur la tradition manuscrite, qui préfère κοιλιῶν à κοινῶν, Je le fais de surcroît au nom d’arguments à la fois lexicaux et sémantiques que J. Jouanna n’invoque pas lui-même : les nombreuses références aux cavités internes dans le traité et l’homologie naturelle entre l’extérieur et l’intérieur du corps qui fondent son propos.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-015-backlink">22</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, I.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-014-backlink">23</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, III, 9: « Dans les cités situées face aux vents chauds, </hi><hi rend="CharOverride-5" >il est nécessaire</hi><hi > (ἀνάγκη) que les eaux soient abondantes légèrement salées, proches de la surface; que les habitants aient la tête humide et phlegmatique, et que les cavités souvent dérangées - IV, 6: Dans les cités qui font face aux vents froids, les eaux sont dures froides et non salées, </hi><hi rend="CharOverride-5" >il est alors nécessaire</hi><hi > que les habitants aient le corps tendu et sec; la cavité du bas crue et dure, la cavité du haut mieux disposée aux écoulements; qu’ils soient plus bilieux que phlegmatiques.– V, 8: Dans les cités face aux levers du soleil, </hi><hi rend="CharOverride-5" >il est nécessaire</hi><hi > que les eaux soient limpides, de bonne odeur et molles; qu’il n’y ait pas de brouillard; que, s’agissant de leur aspect physique (εἴδεα), les habitants aient de belles couleurs, le teint fleuri, la voix claire et résistent plus que d’autres aux maladies, que du point de vue de leur caractère, ils soient moins enclins à la colère et mieux disposés à l’intelligence, etc. » (d’après trad. J. Jouanna, C. Magdelaine).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-013-backlink">24</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Génération des Animaux, </hi><hi >II 8, 748 a26-32.</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-012-backlink">25</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >VII 7, 1327 b 24-26.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-011-backlink">26</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Éthique à Nicomaque,</hi><hi > III 6, 1115 b 24-28 : « D’autre part, il y a ceux qui font preuve d’excès (τῶν δὲ ὑπερβαλλόντων). L’excessif par absence de crainte n’a pas de nom mais nous avons dit dans nos exposés antérieurs, qu’il y a beaucoup de dispositions dans ce cas. Il doit s’agir toutefois d’une sorte de dément ou d’inaccessible à la douleur s’il ne redoute rien, ni tremblement de terre ni fureur des vagues, comme on le soutient des Celtes. » (trad. Bodeus).</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-010-backlink">27</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >VII 7, 1327 b 26-28.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-009-backlink">28</ref></hi><hi >	Le traité va jusqu’à postuler une </hi><hi rend="CharOverride-5" >ressemblance,</hi><hi > entre les saisons et les habitants, ou entre les natures diverses des hommes et les χώραι où ils vivent.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-008-backlink">29</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, 16, (trad. Jouanna et Magdelaine) Voir aussi </hi><hi rend="CharOverride-5" >Des airs, des eaux et des lieux</hi><hi >, 23 pour certaines populations d’Europe.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-007-backlink">30</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques, </hi><hi >VII, 7, 1327 b 29-34. Mais, dans le présent développement, je me réfère à l’ensemble du passage VII, 7, 1327 b 18-39.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-006-backlink">31</ref></hi><hi >	Ici Aristote choisit en quelque sorte un des dénominateurs communs aux cités grecques telles qu’elles sont et non un trait la cité telle qu’on peut la souhaiter (bien gouvernée et isolée, </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi > 1325 a 1-6). Auparavant en effet, dans </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi > (VII, 2, 1324 b 2-23), il constate que, « si les lois des cités ont une chose en vue, c’esτ la domination (κρατεῖν) qu’elles visent toutes, comme à Lacédémone et en Crète où l’éducation, aussi bien que l’ensemble des lois, sont à peu de choses près ordonnées à la guerre » ( trad. </hi><hi >Pellegrin). Mais si, à cette occasion, il note que des peuplades comme les Scythes, les Perses, les Thraces et les Celtes, mettent la faculté guerrière à l’honneur, il ne va pas jusqu’à conférer à celles-ci la capacité de gouverner (ἄρχειν) comme il le fait pour les cités grecques. Il semble donc que nous ayons trace ici de la différence entre l’ἀρχή qui renvoie au pouvoir mis en place par la loi dans les diverses organisations politiques civiques (πολίτειαι) et les formes de pouvoirs mal définies ou tout simplement despotiques qui ont cours chez les peuplades. En conséquence, si les peuplades peuvent être gouvernées (ἄρχεσθαι), voire être esclaves (δουλεύοντα: cf. la thèse aristotélicienne de l’esclave par nature), elles ne peuvent, à proprement parler, gouverner.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-005-backlink">32</ref></hi><hi >	Elles ne sont pas tour à tour gouvernées et gouvernantes comme le veut, par exemple, la rotation des charges dans une cité démocratique.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-004-backlink">33</ref></hi><hi >	C’est-à-dire : ne soient pas en guerre civile entre les partisans de régimes différents : oligarchie et démocratie, par exemple.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-003-backlink">34</ref></hi><hi >	Cf. </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi >,</hi><hi rend="CharOverride-5" > </hi><hi >VII 4-6. Sur la condition de l’autarcie, voir par exemple </hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques, </hi><hi >I 2, 1252 b 29.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-002-backlink">35</ref></hi><hi >	</hi><hi rend="CharOverride-5" >Politiques</hi><hi >, VII 7, 1327 b33-38.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-001-backlink">36</ref></hi><hi >	Cf. </hi><hi rend="CharOverride-5" >Éthique à Nicomaque</hi><hi >, II, 1106 a 6-1107 a 6.</hi></p><p rend="layout_notes" ><hi rend="superscript CharOverride-7" ><ref target="OP04197_Nacci_02_XML.html#footnote-000-backlink">37</ref></hi><hi >	Cf. Éthique à Nicomaque, V.</hi></p>

      <div>
        <listBibl>
          <head>References</head>
          <bibl n="23837">Aristote, De la g&amp;#233;n&amp;#233;ration des animaux, Texte &amp;#233;tabli et traduit Par P. Louis, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1961.</bibl>
          <bibl n="23838">Aristote, De la generation et la corruption, texte &amp;#233;tabli et traduit par M. Rached, Les Belles Lettres, CUF, Paris 2005.</bibl>
          <bibl n="23839">Aristotle, Physics, a revised text with introduction and commentary by W. D. Ross, Clarendon Press, Oxford (1936 [1998]).</bibl>
          <bibl n="23840">Aristote, La physique, introduction de L. Couloubaritsis, traduction A. Stevens, Vrin, 2&amp;#232;me &amp;#233;dition corrig&amp;#233;e, Paris 2008.</bibl>
          <bibl n="23841">Aristotele&amp;#160;Fisica,&amp;#160;a cura di R. Radice, Bompiani, Milano 2011.</bibl>
          <bibl n="23842">Aristote, M&amp;#233;t&amp;#233;orologiques, texte &amp;#233;tabli et traduit par P. Louis, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1982.</bibl>
          <bibl n="23843">Aristote, Politiques, texte A. Dreizehnter, Wilhelm Fink Verlag, M&amp;#252;nich 1970; traduction, introduction, bibliographie, notes P. Pellegrin (nouvelle &amp;#233;dition), GF-Flammarion, Paris 2015.</bibl>
          <bibl n="23844">Aristotele. Opere 8.&amp;#160;Politica, trad. R. Laurenti, Laterza, Roma-Bari 2019.</bibl>
          <bibl n="23845">Aristotelis, Ethica Nicomachea, Recognovit brevique adnotatione critica instruxit I. Bywater, OUP, Oxford 1894.</bibl>
          <bibl n="23846">Aristote, Nicomachean Ethics, Translation, introduction and commentary, S. Broadie, C. Rowe, OUP, Oxford 2002.</bibl>
          <bibl n="23847">Aristote, &amp;#201;thique &amp;#224; Nicomaque, traduction et pr&amp;#233;sentation par R. Bodeus, GF-Flammarion, Paris 2004.</bibl>
          <bibl n="23848">Aristotele, Opere 6.&amp;#160;Etica Nicomachea, trad. C. Natali, Laterza, Roma-Bari 2019.</bibl>
          <bibl n="23849">Hippocrate, Ancienne M&amp;#233;decine, Hippocrate Tome II I&amp;#232;re partie, texte &amp;#233;tabli et traduit par J. Jouanna, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1990.</bibl>
          <bibl n="23850">Hippocrates, Ancient Medicine, in Hippocrates Volume I, Translated by W.H.S. Jones, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1923.</bibl>
          <bibl n="23851">Hippocrates, Airs, Waters, Places, in Hippocrate Vol. 1, transl. W. H. S. Jones, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1923.</bibl>
          <bibl n="23852">Hippocrate, Des airs, des eaux et des lieux, trad. et pr&amp;#233;sentation de J. Jouanna et C. Magdelaine, Hippocrate et l’Art de la m&amp;#233;decine, GF-Flammarion, Paris 1999.</bibl>
          <bibl n="23853">Hippocrate, Des lieux dans l’homme, in Hippocrate Tome XIII, texte &amp;#233;tabli et traduit par R. Joly, Les Belles Lettres, CUF, Paris 1978.</bibl>
          <bibl n="23854">Hippocrates, Places in Man in Hippocrates Volume VIII, Edited and translated by P. Potter, Loeb Classical Library, Harvard University Press, Cambridge M.-London 1995.</bibl>
          <bibl n="23855">Hippocrate, La nature de l’homme, &amp;#233;dit&amp;#233;, traduit et comment&amp;#233; par J. Jouanna, Corpus Medicorum Graecorum- CMG I 1, 3, deuxi&amp;#232;me &amp;#233;dition augment&amp;#233;e et corrig&amp;#233;e, AKademie Verlag, Berlin 2002.</bibl>
          <bibl n="23856">Canguilhem G., La connaissance de la vie (1965), Vrin, Paris 2015.</bibl>
          <bibl n="23857">Jacob C., L’empire des cartes, Albin Michel, Paris 1992.</bibl>
          <bibl n="23858">Morison B., On Location: Aristotle’s Concept of Place, Clarendon Press, Oxford 2002.</bibl>
          <bibl n="23859">Staszak J.-F., La g&amp;#233;ographie d’avant la g&amp;#233;ographie. Le climat chez Aristote et Hippocrate, L’Harmattan, Paris 1995.</bibl>
        </listBibl>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>